Les femmes, le care et la réforme des retraites

Les femmes, le care et la réforme des retraites 

Aujourd’hui, les retraites sont le miroir des inégalités professionnelles. 1 retraitée sur 3 touche une pension de moins de 700 euros, 2 retraités pauvres sur 3 sont des femmes, l’écart entre la retraite des hommes et celle des femmes est de 40%. A la source de ces inégalités se trouvent les différences de salaire entre hommes et femmes, les interruptions de carrière liées à la maternité, le temps partiel souvent en lien avec les charges familiales. 

Les femmes ne sont pas les grandes gagnantes de la réforme des retraites. Comme l’explique l’économiste Mathilde Guergoat-Larivière dans une tribune publiée dans Le Monde, les six cas présentés dans l’étude finale sur l’impact de la réforme correspondent à des trajectoires typiquement masculines. Ils sont les parcours de personnes sans enfant, alors qu’en France, 9 femmes sur 10 en ont. Les femmes ont tout bonnement disparu des cas types présentés. 


La réforme accroît la précarité financière et diminue l’autonomie des femmes

1. La prise en compte toute la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public renforcera les effets des interruptions de carrière pour charges familiales et des périodes de chômage qui s’ensuivent. Elle fera baisser la pension des femmes travaillant à temps partiel. 

2. Le report indéfini de l’âge de la retraite est préjudiciable aux femmes qui ont des carrières plus courtes. Il faut noter qu’actuellement, 40% des femmes n’ont pas de carrière complète. 

3. Les droits familiaux sont remis en cause par la réforme. Alors qu’avant, les femmes validaient 2 ans de cotisation par enfant dans le privé et 1 an dans le public, c’est désormais la pension de l’un des deux parents – le père ou la mère – qui sera majorée. Et étant donné que les hommes ont tendance à gagner davantage que leur partenaire, on peut parier que ce seront plutôt eux qui bénéficieront de cette majoration, réduisant ainsi encore davantage l’autonomie de leur compagne.

4. Les pensions de réversion sont fragilisées alors que 90% des bénéficiaires sont des femmes. 

5. La prise en compte de la pénibilité est très limitée. Les départs anticipés, qui concernent 400 000 femmes dans la fonction publique, notamment des sages-femmes, des aides-soignantes et des infirmières qui pouvaient partir dès 57 ans, sont supprimés alors que l’espérance de vie d’une infirmière est actuellement inférieure de 7 ans à celle de la moyenne des femmes et que 20% d’entre elles partent actuellement à la retraite en incapacité. Avec les nouveaux critères, 75% des bénéficiaires de la prise en compte de la pénibilité seront des hommes.

6. La prise en compte des primes pour les fonctionnaires dans le calcul du montant de la pension est discriminante. Les femmes sont concentrées dans des filières où il existe peu de primes comme l’Education nationale. En outre, 2/3 des primes seraient dans la fonction publique, attribuées aux hommes.

Des propositions pour une réforme plus égalitaires

1. Améliorer les avantages familiaux afin qu’ils neutralisent l’impact des interruptions de carrière et du temps partiel sur les pensions : 

– Surcotiser les salaires à temps partiel sur la base d’un salaire à temps plein.
– Cumuler la validation de trimestres et la majoration de la pension des femmes pour chaque enfant. 

– Imposer un congé parental obligatoire pour les hommes et les femmes qui soit comptabilisé dans les retraites.

2. Mettre en place des outils efficaces pour lutter pour l’égalité et l’équité salariale :

– Revaloriser les métiers dans lesquels les femmes sont concentrées, ceux du care notamment. 

– Instaurer une cotisation patronale pour toutes les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale.

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