Entre deux emplois réalisés en association, j’ai pendant un certain temps fait des extras en bar, comme pleins de gens qui ont besoin d’arrondir leur fin de mois. Qui dit femme derrière un bar dit beau parleur au comptoir. Un jour un jeune trentenaire en costard vient donc me raconter sa vie et me questionner sur la mienne. « Non mais qu’est ce que tu fais dans la vie, je veux dire en vrai ? » Je lui explique que je cherche un emploi dans l’associatif, et me retient d’ajouter que bartender est une « vraie » profession pour beaucoup de gens, et que la plupart d’entre eux ont l’air plus épanouis que lui dans a carrière de consultant marketing. Ses yeux s’illuminent alors, et il embraye directement sur le récit de sa vocation existentielle qui a en fait toujours été d’aider les gens, sur fond de voyage humanitaire et de quête du sens de la vie. Je ne suis pas sûre qu’il ait une idée très claire de ce que c’est que le travail en association, et j’ai peur de le décevoir en lui révélant que je ne compte pas sauver des enfants malnutris. Peu importe, il se reconvertira un jour, c’est certain. L’idée qu’il ne puisse pas exercer du jour en lendemain un métier semblable à celui que je cherche ne lui effleure pas l’esprit… Après tout, moi aussi je pourrais débarquer demain dans la startup qui l’emploie, et devenir une consultante hors-pair !
